Analyse critique du rapport développement durable 2025 de Roche Bobois
Roche Bobois rend public son Rapport Développement Durable 2025, et comme on s'en doute, le groupe met en avant l'éco-conception et le recours à des matériaux dits durables — un discours qui, sur le…

Roche Bobois rend public son Rapport Développement Durable 2025, et comme on s'en doute, le groupe met en avant l'éco-conception et le recours à des matériaux dits durables — un discours qui, sur le papier, flatte l'époque. Je suis allé éplucher ça à l'atelier, parce que quand on travaille la matière au quotidien, les mots « durable » et « polymères » dans la même phrase méritent toujours un coup de lime.
Le mobilier en polymères sous le feu des projecteurs
Ce qui retient l'attention, dans ce rapport, c'est l'insistance sur les polymères et résines. Le groupe annonce plancher sur l'avenir du mobilier qui en est fait, et c'est un signal que je prends au sérieux — pas par conviction naïve, mais parce que ça touche un terrain où la communication marketing et la réalité du chantier divergent souvent. Quand une grande enseigne parle d'éco-conception pour une chaise en résine injectée, la question immédiate que je pose sur mon établi est simple: quelle résine, quel fournisseur, quelle traçabilité, et surtout, qu'est-ce qui se passe dans vingt ans quand le siège fatigue?
Ce que je veux voir, en tant qu'artisan
Tant qu'on reste sur des généralités — « matériaux durables », « engagement pour l'avenir » —, je reste sur mes gardes. Ce que j'attends pour juger sur pièce, ce sont des chiffres concrets: part de matière recyclée dans les résines utilisées, provenance des polymères, programmes de reprise en fin de vie, et réduction effective de l'empreinte des transports entre usines et showrooms. L'éco-conception, dans mon vocabulaire d'atelier, ça se mesure en grammes de matière évitée, en assemblage réversible, en finitions qui ne masquent pas une structure médiocre. Le reste, c'est du cache-misère bien léché.
Pour l'instant, le rapport aligne les promesses, comme d'habitude. Reste à voir si les collections qui sortiront de cette feuille de route tiendront la distance — et si, chez Roche Bobois, le mot « durable » signifiera autre chose qu'un argument de showroom. Je garde mon pied à coulisse prêt.