Anthony Guerrée au Musée Bourdelle : l'art de la mise en scène
Du 8 au 27 septembre 2026, le designer français Anthony Guerrée investit les collections permanentes du Musée Bourdelle avec Contrepoint, une installation présentée dans le cadre de la Paris Design Week.

Un contrepoint matériel pour éclairer la Paris Design Week
Selon la Ville de Paris, l'artiste y fait dialoguer ses propres recherches — en bois, verre, textile et terre — avec les sculptures monumentales d'Antoine Bourdelle, à la manière d'une partition musicale. Pour qui conçoit des espaces d'exposition et des parcours de visite, cette proposition pose une question essentielle: comment insérer de nouveaux objets dans un lieu déjà chargé de présence, sans les étouffer ni les faire disparaître?
Sculpture et design: un dialogue de matières
Ce qui frappe d'emblée dans le dispositif de Guerrée, c'est la variété des textures convoquées: le grain du bois répond au poli du verre, la souplesse du textile contraste avec la densité de la terre cuite. Le visiteur découvre fragments, matrices, prototypes et pièces achevées — autant de stades de création exposés côte à côte. En effet, l'installation se lit comme un journal de travail en trois dimensions, où chaque matériau joue sa partition sans jamais couvrir la sculpture de Bourdelle. C'est précisément cette retenue qui retient l'attention: les formes de Guerrée ne s'imposent pas, elles s'accordent. Ainsi, l'exposition invite à repérer ce que la lumière naturelle du musée révèle — ou absorbe — selon les surfaces en présence.
Transparent, opaque, translucide: ce que le choix de surface change
Pour les concepteurs de vitrines et de présentoirs en plexiglas, cette installation offre une leçon concrète. Le verre utilisé par Guerrée dans certaines de ses pièces capte la lumière ambiante et la redistribue vers les sculptures voisines, créant des jeux de reflets et de clarté qui modifient la perception de l'œuvre voisine. C'est pourquoi le choix entre un support acrylique transparent, dépoli ou teinté n'est jamais anodin: il structure le regard du visiteur. Un présentoir en PMMA clair, par exemple, laisse la lumière traverser l'objet présenté et projeter son ombre sur la surface d'appui — un effet de contraste que Guerrée exploite avec une grande précision. À l'inverse, un support translucide adoucit les contours et crée une atmosphère plus enveloppante, idéale pour des pièces à texture complexe.
L'art de ne pas s'imposer
La seconde actualité qui nourrit cette réflexion vient de l'Istituto Europeo di Design (IED) Milano, dont l'exposition immersive Substructure sera elle aussi présentée à Paris durant la Design Week. Comme le rapporte Nylon France, les étudiants de l'IED y explorent le processus créatif à travers des matériaux souples et transparents — un écho direct aux enjeux d'aménagement éphémère. Ces deux événements, côte à côte dans le calendrier de la semaine parisienne, dessinent une tendance claire: la transparence comme outil scénographique, et non simple effet décoratif.
Du 8 au 27 septembre, le Musée Bourdelle ouvre du mardi au samedi et le dimanche de 10 h à 18 h. Si vous préparez un parcours d'exposition ou hésitez sur le type de support à déployer pour vos propres mises en scène, la visite de Contrepoint vaut le détour. Observez comment la lumière interagit avec les différentes surfaces, notez les distances de recul nécessaires pour lire chaque pièce — ce sont ces retours de terrain qui affineront votre prochain choix de présentoir, bien plus qu'une simple fiche technique.