Uchronia au Grand Palais : une scénographie monumentale entre lumière et fleurs
Le Grand Palais annonce, pour la Paris Design Week, l'accueil du collectif Uchronia autour d'une scénographie qui s'annonce monumentale: « Le Grand Bouquet » investit la Rotonde du Palais d'Antin…

Le Grand Palais annonce, pour la Paris Design Week, l'accueil du collectif Uchronia autour d'une scénographie qui s'annonce monumentale: « Le Grand Bouquet » investit la Rotonde du Palais d'Antin, avec une installation extérieure au Square Jean Perrin et une sélection d'objets à la boutique design et métiers d'art. Pour nous qui travaillons la matière translucide au quotidien, l'occasion mérite le détour — voir comment un studio joue avec la lumière, la couleur et le motif à l'échelle d'un monument patrimonial.
Le fleurissement comme vocabulaire
Uchronia, collectif pluridisciplinaire fondé à Paris en 2019 par Julien Sebban, revendique un travail à la croisée de l'architecture, du design intérieur, de la scénographie et du mobilier. Leur « Grand Bouquet » s'inspire directement du répertoire ornemental du lieu: la mosaïque florale au sol, les moulures végétales des arcades. Les pétales stylisés, lumineux, semblent émerger du sol pour épouser le mouvement circulaire de la rotonde. À leur pied, des assises circulaires appellent le public à s'installer.
Sur le parvis, « Équilibres Éphémères » prolonge le propos avec des sculptures gonflables aux formes généreuses et colorées. Le contraste est savoureux: d'un côté une pièce qui cherche l'ancrage patrimonial, de l'autre des volumes instables et ludiques. L'un parle au bâtiment, les autres jouent avec lui.
Ce que cela change pour nos établis
Soyons honnêtes: une scénographie éphémère n'est pas du mobilier. Mais observer comment Uchronia orchestre la lumière, la couleur et la forme — y compris avec du gonflable — donne une idée de ce qu'on peut tirer d'un matériau translucide quand on accepte de le pousser dans ses retranchements. Les artisans du plexiglas connaissent cette grammaire: pièces lumineuses, jeux de transparence, volumes qui captent et restituent la lumière. Le Grand Palais leur offre, le temps de dix jours, un terrain de jeu à la hauteur de leurs ambitions.
À la boutique, une sélection issue de cet univers — céramiques, luminaires, coussins, mobilier, accessoires — prolonge l'expérience pour qui veut toucher les pièces plutôt que les photographier en vitrine. C'est souvent là, au contact de la matière, qu'on repère les vrais choix de fabrication.
Ce que je vais guetter sur place
En artisan qui regarde toujours comment l'objet vieillit, deux questions me taraudent: est-ce que les assises circulaires tiendront à dix jours de public parisien sans montrer leurs coutures? Et les pièces lumineuses garderont-elles leur éclat une fois la poussière de l'événement retombée? Le design-spectacle a parfois la mémoire courte — un carton-pâte bien léché suffit souvent à faire illusion sur les réseaux.
Mais voir un collectif de cette envergure investir un monument comme le Grand Palais, plutôt que produire очеред de la chaise en kit expédiée par container, ça remet les pendules à l'heure. Le beau a sa place — à condition de ne pas oublier que derrière chaque pièce qui brille, il y a un geste précis, et que ce geste finit toujours par se voir.
À noter: la Paris Design Week démarre le 10 septembre et essaime dans de nombreux lieux de la capitale, mobilisant scènes établies et émergentes de la création contemporaine.