Design et matérialité : deux expositions inspirantes à suivre
L'article publié ce jour par Snobinart met en lumière deux rendez-vous design à garder en vue: une exposition consacrée au textile à l'Hôtel des Arts TPM, et les nominations aux Tatler Homes Design…

L'article publié ce jour par Snobinart met en lumière deux rendez-vous design à garder en vue: une exposition consacrée au textile à l'Hôtel des Arts TPM, et les nominations aux Tatler Homes Design Awards 2026 aux Philippines. Deux occasions, à des échelles très différentes, de regarder comment le matériau dicte encore — ou pas — la forme.
Le textile comme fil conducteur
C'est la question que pose l'Hôtel des Arts TPM cet été, selon le papier signé Snobinart: quelle place le textile occupe-t-il dans l'histoire du design des dernières décennies? Les commissaires Marie-Ange Brayer et Lucile Montagne ont sorti une centaine d'œuvres issues des collections nationales — Centre Pompidou, Mobilier national, musée des Arts décoratifs, Centre national des arts plastiques — signées par une quarantaine de créateurs. Le propos tient en une phrase: un matériau n'est jamais un simple support, il impose ses lois, ses plis, sa mémoire.
Sur mon établi, je travaille d'autres matières, mais la leçon reste la même. Le Plexiglas coulé a ses propres contraintes — son jaunissement à la lumière, sa sensibilité aux micro-rayures, sa façon de tenir ou de trahir un assemblage. Quand on choisit un matériau sans en accepter les défauts, on fabrique du tape-à-l'œil. Quand on l'écoute, on obtient un objet qui traverse les années sans rougir.
Les Philippines sur la carte
Le second sujet, dont seul le titre a filtré via Tatler Asia, concerne les nommés des Tatler Homes Design Awards 2026. Le contenu détaillé ne m'est pas parvenu, donc je me garderai d'inventer. Mais le simple fait qu'une publication asiatique consacre une série de distinctions au design résidentiel mérite qu'on tende l'oreille. Le design philippin a produit ces dernières années des voix qui ne singent ni le scandinave ni le japonais — et cette singularité, quand elle est reconnue chez elle plutôt qu'à Milan, change quelque chose.
Ce que ça dit à notre pratique
Ce qui me fatigue, dans le design contemporain, c'est la paresse du matériau choisi par défaut. On prend de l'acrylique parce que c'est léger, pliable à la vapeur, économique. On prend du tissu imprimé parce que ça « humanise » un intérieur. Rarement parce que le projet l'exige. Une expo comme celle de Toulon a au moins le mérite de replacer la question de l'intention au centre. Et c'est la seule question qui vaille quand on assemble, quand on colle, quand on polit un chant. Le reste n'est que catalogue.