Design Miami Seoul : analyse critique de sept créations en mobilier transparent
Dezeen le rapporte: à Design Miami Seoul, l'exposition In Situ rassemble des pièces de mobilier contemporain qui misent sur la transparence et le jeu de matériaux comme arguments esthétiques.

Le grand bal des transparences
Sept œuvres, paraît-il, qui réinterprètent les techniques artisanales. Voilà qui mérite qu'on s'y arrête — pas pour applaudir, mais pour comprendre ce qu'on nous vend vraiment derrière le mot « transparent ».
Sculptural ou simplement vide?
Sur le papier, l'idée est séduisante: du mobilier qui joue avec la lumière, qui s'efface pour mieux révéler l'espace. Dans mon atelier, quand un client me demande du « transparent », je sais déjà que la conversation va être longue. Le PMMA coulé, poli miroir, chant affleuré — ça, c'est transparent. Une plaque industrielle trouble avec des bulles dedans, non. Et entre les deux, il y a un monde de différences que les communiqués de presse ne mentionnent jamais.
L'angle « réinterprétation des techniques artisanales » me fait dresser l'oreille. Réinterpréter, d'accord — mais à quelle fin? Si c'est pour poser trois parallélépipèdes de résine sur un socle et facturer le tout comme une « pièce sculpturale », on est dans le tape-à-l'œil. Si c'est pour pousser plus loin l'assemblage, la finition, la tenue dans le temps, alors là, je tends la main.
Ce que j'y guette
Ce qui m'intéresse sur ce type d'événement, c'est moins le nom des galeries que la matière elle-même. Un mobilier transparent qui traverse une décennie sans micro-rayures jaunes, sans collage visible, sans porte-à-faux qui fatigue — ça existe. Ça demande du choix de plaque, du savoir-faire d'usinage, et surtout aucune concession sur les finitions invisibles. À voir si les sept pièces de In Situ tiennent cette promesse ou si elles ne sont que des manifestes photographiques destinés aux magazines.
Pour l'instant, je reste sur mon établi. Quand les visuels détaillés tomberont, je regarderai les chants, les jonctions, l'état de surface. Le reste n'est que discours.