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IDEAT Design Awards 2025 : les leçons du jury sur la matière et le design

Selon IDEAT, les IDEAT Design Awards 2025 ont distingué quinze lauréats lors de leur deuxième édition, dévoilée le 20 avril pendant la Milan Design Week.

IDEAT Design Awards 2025 : les leçons du jury sur la matière et le design

Le palmarès embrasse large — du jeune éditeur au designer de l’année, du canapé au mobilier extérieur — mais une ligne se dessine: le jury regarde enfin ce qui tient dans la main autant que ce qui passe bien en photo. Tant mieux. Les beaux rendus 3D ne font pas un chant poli.

Le matériau n’est pas un décor

Je retiens surtout les commentaires du jury sur les pièces où la matière travaille réellement. Une jeune entreprise est saluée pour réinventer le verre de Murano en respectant son histoire; une autre pièce associe matériaux artisanaux et production industrielle dans une recherche de durabilité; ailleurs, l’acier brossé est assumé dehors, appelé à prendre sa patine sous les intempéries.

C’est là que le design cesse d’être un emballage. Un matériau vivant, ou simplement honnêtement mis en œuvre, accepte le temps: une surface se marque, une arête s’adoucit, une finition évolue. Ce n’est pas un défaut caché sous trois couches de vernis ou un placage tape-à-l’œil destiné à survivre jusqu’à la livraison.

Pour un présentoir, une étagère ou une table en matériau transparent, la leçon est identique. Je regarde d’abord les tranches, les raccords, les perçages et les zones de contrainte. Une plaque impeccable de face peut trahir un travail bâclé au moindre angle: micro-rayures, chant mal repris, fixation lourde posée comme un cache-misère. L’élégance minimaliste ne pardonne rien.

Le minimalisme, oui — à condition qu’il ait une structure

Le jury a notamment remarqué une étagère modulaire décrite comme intemporelle, explorant matériaux et artisanat, ainsi qu’un travail ramenant au minimalisme géométrique du début des années 1990. Voilà un terrain glissant. « Minimal » est le mot préféré de trop de fabricants lorsqu’il faut justifier quatre panneaux et deux vis apparentes.

Mais le dépouillement peut être exigeant. Une structure compacte en acier pour la cuisine extérieure, également récompensée, montre ce que j’attends: une forme claire, une fonction lisible, aucun geste décoratif ajouté pour faire semblant. Le porte-à-faux doit être calculé, l’assemblage doit tenir son rôle sans gesticuler, et l’objet doit rester agréable à approcher.

Dans le mobilier transparent, la même rigueur vaut double. Parce que rien ne se dissimule derrière une couleur dense ou un veinage généreux. Le support devient une ligne dans l’espace; la quincaillerie, si elle existe, fait partie du dessin. Si elle jure, tout jure.

Ce qu’un prix ne doit pas dispenser de vérifier

Les Awards mettent aussi en avant le confort, les lignes enveloppantes d’un canapé, une approche de la cuisine pensée pour les espaces ouverts, ou encore un lieu mêlant contemporain et vintage. C’est utile: le design ne se réduit pas à l’objet solitaire sur son socle. Il se juge dans l’usage, les circulations, l’échelle et la manière dont il accueille les corps.

Mon verdict d’atelier reste simple: un palmarès est un repère, pas un certificat de longévité. Devant une pièce célébrée, je vérifierais toujours la qualité des finitions avant le récit de marque; la logique de l’assemblage avant la silhouette; la capacité du matériau à bien vieillir avant son effet de vitrine. Le beau travail n’a pas besoin de crier. Il tient droit, il vieillit sans honte, et il ne demande pas qu’on détourne les yeux de ses détails.