Maison&Objet Pulse : les enjeux du nouveau format pour le design en plexiglas
C'est Archiproducts qui relaye l'info en premier.

Maison&Objet annonce un nouveau format pour son édition d'automne, rebaptisé « Maison&Objet Pulse » et articulé autour de la thématique « Pulse in Motion ». C'est Archiproducts qui relaye l'info en premier. Le studio valencien Masquespacio a été choisi comme ambassadeur de cette édition pour concevoir les scénographies phares et l'identité visuelle du salon. Pour ceux d'entre nous qui bossent le PMMA au quotidien, c'est le moment de décrypter ce que ce virage « pulse » signale — et ce qu'il ne dit pas.
Un rebranding qui en dit long sur l'état du marché
Maison&Objet qui change de nom pour sa session de septembre, ça ne s'invente pas. « Pulse » — le pouls, la pulsation — on est en plein langage de studio de branding. Derrière le terme, je lis surtout une tentative de dynamiser un format salon qui, ces dernières années, sentait le renouvellement obligé. Les éditeurs de mobilier transparent que je côtoie en savent quelque chose: le trafic visiteur n'est plus celui de 2018, et les stands en plexiglas coulé haute densité que j'avais l'habitude d'admirer ont cédé la place à des structures plus éphémères, souvent en tissu et métal léger. Ironie du sort pour un salon qui célèbre le design matériel.
Masquespacio comme ambassadeur, en revanche, c'est un choix cohérent. Leur univers — formes organiques, couleurs saturées, matières tactiles — tranche avec le minimalisme scandinave qui a longtemps saturé les allées. On verra s'ils osent intégrer de l'acrylique dans leurs scénographies. Si c'est le cas, ça pourrait remettre le PMMA sous les projecteurs d'une manière qu'un catalogue ne saurait faire.
« Viscéral »: un mot qui devrait nous arranger
Un article de Maison à part consacré à Masquespacio titre que, selon eux, l'avenir du design n'est pas numérique mais viscéral. On peut discuter la formulation — un peu tape-à-l'œil pour un titre, non? — mais le fond me parle. Parce que le plexiglas, justement, c'est cette matière qui joue un double jeu: précision industrielle d'un côté, sensation physique de l'autre. Un chant poli au toucher, une transparence qui absorbe et restitue la lumière — ça ne passe pas à l'écran. Il faut le tenir en main, le tourner dans tous les sens sous un vrai éclairage.
Si le salon Pulse mise sur cette approche sensorielle, alors les artisans comme moi ont leur mot à dire. Parce qu'entre un présentoir en PMMA fraisé sur mesure et un support en injection plastique à 12 euros, la différence ne se voit pas sur une photo Instagram. Elle se sent au premier contact. C'est précisément le message que j'essaie de faire passer à chaque client qui me demande pourquoi un présentoir sur mesure coûte le prix qu'il coûte.
Ce qu'il faut surveiller avant de s'y rendre
Pas de dates précises communiquées dans les sources consultées à ce stade — à suivre sur le site officiel du salon. Ce que je retiens pour l'instant: le positionnement « Pulse in Motion » sent la volonté de rajeunir le public, d'attirer des créateurs plus jeunes, peut-être issus du digital product design. Pour les fabricants de mobilier acrylique, ça peut être une aubaine si le salon parvient à mixer les publics — designers numériques découvrant la matière physique, artisans accédant à de nouveaux clients issus du e-commerce.
Mon conseil concret: si vous préparez un stand ou une collection pour cette édition, ne lésinez pas sur la qualité de vos propres présentoirs. Rien ne tue la crédibilité d'un artisan du plexiglas plus vite qu'un porte-échantillon bâclé, avec des chants non polis et des angles mal détourés. Le visiteur de Maison&Objet, même rajeuni, a l'œil. Et un stand Masquespacio en toile de fond, ça ne pardonne aucun cache-misère.