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Sur le bassin de Thau, Stéphanie réinvente les coquilles d’huîtres avec des créations design et durables

D'après Actu.fr, à Villeveyrac, au nord du bassin de Thau, Stéphanie Aspa a lancé en mars 2025 sa marque Asostra — des objets décoratifs et éléments design moulés à partir de poudre de coquilles d'huîtres recyclées.

Sur le bassin de Thau, Stéphanie réinvente les coquilles d’huîtres avec des créations design et durables

L'annonce coche toutes les cases du moment: terroir, circularité, matière locale. Sur l'établi, je veux voir ce que ça donne vraiment quand on sort la loupe.

La matière avant le discours

Une coquille broyée, compactée, liée — on n'est plus dans le coquillage, on est dans un composite. Et un composite, ça se juge pièce par pièce: tenue du chant, micro-porosité, comportement à la lumière. Stéphanie Aspa le reconnaît elle-même: ses visiteurs touchent les objets avant de poser la moindre question. C'est un bon signal. Le toucher ne ment pas — ni la texture douce et les couleurs naturelles qu'elle évoque, ni l'absence du côté « bricolage de plage » qu'on redouterait par défaut.

Là où beaucoup de projets « coquille recyclée » basculent dans le tape-à-l'œil, Asostra assume des lignes sobres, proches d'une céramique minérale, pas d'un souvenir de bourriche. Pour qui travaille le PMMA au quotidien, c'est précisément ce qui mérite l'attention: une matière opaque et brute traitée avec une exigence qu'on attendrait d'un verre coulé ou d'un Plexiglas thermoformé. Même grille de lecture, autre matière.

Ce que je vérifie avant de m'emballer

Avant de crier au génie, voici ce que je regarderais sur un prototype Asostra — ou sur n'importe quel objet issu de cette filière:

  • L'homogénéité du liant dans la masse. Pas de veines crayeuses qui trahissent un malaxage bâclé ou un séchage trop rapide.
  • L'état de surface après polissage. Un composite coquillier se travaille, mais il pardonne moins qu'une résine acrylique: toute rayure profonde reste visible, toute reprise se voit.
  • La tenue dans le temps face à l'humidité. L'étang de Thau est salin, l'air ambiant aussi. Un objet design qui fissure au premier hiver littoral, c'est un cache-misère de plus.
  • L'assemblage. Pièce pleine masse, pas de porte-à-faux à craindre; mais dès qu'on empile ou qu'on colle, l'assemblage invisible devient la seule chose qui sépare le beau travail du travail bâclé.

Ce que ça raconte à notre niche

On travaille le Plexiglas pour la lumière, Asostra travaille la coquille pour la matière brute. La démarche n'est pas si éloignée: transformer un déchet local en objet désirable, sans mentir sur ce qu'il est. Stéphanie revendique son attachement au bassin, son passé de responsable QSE sur des chantiers de centrales solaires, et surtout ce choix fondateur: « Je me suis demandé ce qu'on avait ici, à portée de main, sans aller chercher des matières à l'autre bout de la France. » C'est une posture d'atelier, pas un argument marketing.

À garder en vue: les premières séries mises en circulation, leur disponibilité hors région, et — surtout — la promesse de durabilité confrontée à l'usage quotidien. Je veux voir un de ces objets posé sur mon établi avant de décider s'il mérite qu'on en parle plus qu'une fois.