SYITREN RM1 : quand le lecteur CD en plexiglas devient une œuvre d'art cinétique
Un lecteur CD en plexiglas ultra-transparent débarque sur les radars, et c'est Yanko Design qui le présente: le SYITREN RM1.

La promesse est simple — un mécanisme de lecture apparent, pris en sandwich entre deux panneaux acryliques, avec une matrice LED ambrée qui transforme chaque album en objet cinétique. Je l'observe à distance, puisque l'objet n'est pas encore entre mes mains, mais le concept mérite qu'on le décortique et qu'on le juge à l'aune du travail réel de la matière.
Deux plaques, quatre piliers, et beaucoup de lumière
Le boîtier repose sur une structure double en acrylique ultra-clair, maintenue par des piliers d'angle en métal travaillé. Dimensions affichées: 260 × 260 × 42 mm, 900 grammes sur la balance. Sur le papier, l'idée est séduisante — montrer le disque, la tête optique, le PCB, faire de la mécanique un argument esthétique plutôt qu'un détail honteux à planquer derrière une coque opaque.
Le parallèle avec l'iMac G3 Bondi Blue, que la source elle-même évoque, a du sens historiquement. Mais l'iMac, lui, avait une vraie cohérence de matériaux, un polycarbonate teinté dans la masse, pas deux plaques collées autour d'un mécanisme standard. Ici, tout dépend de l'exécution: jeu entre les panneaux, poli des chants, qualité de l'assemblage entre l'acrylique et les montants métalliques. Tant que personne ne m'aura mis un exemplaire sous le nez, je reste prudent. SYITREN, fondé en 2017 et plusieurs fois primé (MUSE, IDA, A' Design Awards), a les références pour livrer — reste à savoir si le budget suit la fiche technique.
Le son reste dehors, et c'est tant mieux
La sortie audio passe par Bluetooth 5.3 (portée dix mètres, SNR 95 dB) ou par une prise jack 3,5 mm. Pas de haut-parleur intégré, décision que la présentation qualifie de bon sens technique — et je suis d'accord. Caser un driver dans 42 mm d'épaisseur aurait produit un son de boîte à conserve qui aurait desservi le reste. SYITREN fait le pari que vous possédez déjà une enceinte ou un casque. Pari raisonnable, et qui libère l'espace pour la transparence.
La matrice LED 2×8 en jaune chaud, visible à travers la façade, affiche le numéro de piste, des visuels animés, le volume et une barre de progression. Le choix du jaune ambré plutôt que du blanc froid est volontaire: on positionne l'objet comme un objet d'ambiance, pas comme un périphérique informatique. Je note l'intention, et je la trouve pertinente dans un intérieur.
Mon verdict d'artisan
Sur le fond, réhabiliter le CD par la transparence ne me déplaît pas. Yanko Design rappelle que les ventes de disques progressent depuis quatre ans et que la musique physique reprend du poids — c'est un fait qu'on peut suivre. Présenter le mécanisme comme un objet de contemplation plutôt que comme un simple lecteur, c'est un positionnement malin et même un peu nostalgique bien dosé.
À 89 dollars de départ (avec une offre affichée à 99 au lieu de 179 selon la promotion relayée), l'objet doit tenir sa promesse matérielle. L'acrylique se raye, jaunit, et les chants non polis trahissent vite un travail bâclé. Tant que je n'aurai pas vu un exemplaire en vrai — pour vérifier l'état de surface, la planéité des plaques, la tenue des assemblages, l'absence de micro-rayures d'usine — je reste méfiant. Le diable, comme toujours avec le plexiglas, se cache dans les détails que personne ne regarde sur les photos marketing.