Un siècle de design à Bruxelles : quand l'Art nouveau croise l'Art déco
D'après le magazine Liégeois, le Musée Horta de Bruxelles accueille, du 25 juin 2026 au 10 janvier 2027, une exposition qui refuse, pour une fois, de prendre les styles pour des camps adverses. Intitulée « Art nouveau versus Art déco?

1850-1950: un siècle en 31 sièges », elle fait dialoguer trente-et-une assises signées Horta, van de Velde, Mackintosh, Le Corbusier, Breuer, Perriand ou encore les Eames. Pour qui travaille la matière au quotidien, c'est l'occasion de relire cent ans de gestes, de choix techniques — et de ruptures.
Trente-et-un sièges, d'abord dans l'ordre, puis dans le désordre
Le parcours suit d'abord un fil chronologique: des lignes végétales de l'Art nouveau aux géométries de l'Art déco, en passant par le modernisme et le mobilier industriel. Il bascule ensuite dans une lecture thématique — structure, inspiration du vivant, influences venues d'ailleurs, révolution industrielle, retour à l'artisanat. Les commissaires rappellent, à raison, que les styles ne se succèdent jamais tout à fait en ligne droite: ils se croisent, se répondent, se corrigent. La scénographie prolonge ce parti pris: des étudiants en design industriel de La Cambre ont conçu des assises pour les visiteurs, et la mise en scène tisse des passerelles entre des œuvres parfois séparées d'un siècle. Du cousu main, en somme — et c'est suffisamment rare pour être souligné.
Ce que ça raconte à l'établi
Ce qui m'accroche, dans ce parcours, c'est la question que posent les créateurs retenus: comment habiter son époque? Transposée à 2026, la réponse passe forcément par la matière. L'exposition glisse d'ailleurs sur la durabilité, l'innovation, la mondialisation — trois mots qui, à l'atelier, ne veulent pas dire la même chose que dans un catalogue de grande surface. Est-ce que l'assemblage tient dix ans? Est-ce que la pièce peut être réparée, ou seulement jetée? Horta faisait chanter le bois; Breuer a plié le tube d'acier; les Eames ont moulé la coque. Chaque époque a eu son matériau-roi, et chaque matériau-roi a fini par montrer ses limites. Aujourd'hui, le PMMA, le plexiglas coulé, les résines acryliques promettent la transparence — et cachent, parfois, des fragilités qu'on ne découvre qu'au premier choc. Trente-et-un sièges alignés, c'est aussi un miroir tendu à nos propres choix de civilisation.
L'escapade
À un peu plus d'une heure de Liège, le Musée Horta vaut le détour. L'exposition bénéficie de prêts exceptionnels venus du Musée d'Orsay, du Musée des Arts décoratifs de Paris ou encore du Vitra Design Museum. Je note l'adresse pour les vacances.