Vivement Demain au Mobilier national : cap sur la jeune création française
Selon jds.fr, la cinquième édition de Vivement Demain s'installe du 9 au 13 septembre au Mobilier National — 23 projets de jeunes diplômés des formations du Campus Mode, Métiers d'Art & Design, choisis pour leur « potentiel créatif et novateur ».

La formule a l'air creux, lissée comme un carton d'invitation de grande enseigne: « nouvelle génération », « processus de sélection rigoureux », tout le package. Sauf que le lieu change la donne. Manufacture des Gobelins, là où l'on brode, où l'on taille encore à la main. Quand on lit ça, l'œil de l'artisan se réveille.
Le cadre, pour une fois, fait le job
Le Campus rassemble des écoles d'excellence françaises, du CAP au doctorat, et c'est précisément pour ça que je m'approcherai des pièces à la loupe. Vingt-trois projets, c'est un nombre qui laisse de la marge au jury pour écarter le tape-à-l'œil. Le communiqué annonce du mobilier, des luminaires et du textile — rien sur les matériaux, mais l'ancrage au Mobilier National met la barre haut: on n'expose pas là un assemblage qui se dévisse au premier serrage.
Pour mon atelier, c'est l'occasion de mesurer ce que « jeune création » signifie encore. Quand on travaille le plexiglas, le bois massif, le métal — la matière importe peu — la question reste la même: est-ce que l'objet vieillit, ou est-ce qu'il se déglingue au bout de deux hivers?
Le reste à surveiller dans la Paris Design Week
Vivement Demain s'inscrit dans la Paris Design Week (du 10 au 19 septembre 2026), qui essaime installations gratuites, showrooms et événements partout dans la capitale. À noter tout particulièrement: dès le 10 septembre, le musée des Arts décoratifs ouvre « Paris > Kyoto > Paris », autour de quatre designers — Nina Fradet, Tony Jouanneau, Felipe Ribon, Marion Vidal — anciens résidents de la Villa Kujoyama à Kyoto.
Selon Sortir à Paris, le programme mêle ébénisterie et tressage de bambou (le takezaiku), shibori et pigments d'oursins, encensoirs sculpturaux, bambou en bijou et en installation. Quatre approches d'un même séjour, qui promettent un dialogue avec les savoir-faire japonais plutôt qu'un pastiche. L'exposition court jusqu'au 3 janvier 2027, et contrairement à la plupart des rendez-vous de la Design Week, elle n'est pas gratuite — il faut le billet des collections pour entrer. Le temps de revenir voir les pièces, et de les juger au geste plutôt qu'au dossier de presse.
Sur l'établi, ce que je vais vraiment regarder
Je guetterai, dans les 23 projets de Vivement Demain, ce que les photos ne disent jamais: les assemblages, les chants, l'épaisseur vraie des pièces, la tenue des jonctions quand on les démonte. Une nouvelle génération qui tient debout, ça se voit au geste — pas sur le carton d'invitation. Pour qui veut juger sur pièce, rendez-vous au Mobilier National, du 9 au 13 septembre.