Forward Furniture 2026 : l'appel à candidatures pour les designers de mobilier
La Dutch Design Week vient de lancer l'appel à candidatures pour la deuxième édition de Forward Furniture, son exposition dédiée au mobilier contemporain et à l'innovation des matériaux.

Après une première édition en 2025 qui aurait convaincu son monde, l'événement remet ça en 2026 — et c'est, pour qui travaille la matière à l'atelier, l'une des vitrines à surveiller. L'exposition est pilotée par Liv Vaisberg, ce qui change tout: ce n'est pas n'importe qui derrière le rideau.
Trois pièces, pas une de plus
La règle du jeu est sans ambiguïté. Chaque designer, galerie ou éditeur participant doit soumettre une collection cohérente de trois pièces de mobilier exprimant une vision commune. Pas un prototype isolé, pas une trouvaille de fond d'établi. Trois objets qui se répondent, qui racontent une intention — du design collectible, des éditions limitées, de l'innovation matérielle, et un minimum de conceptual thinking.
L'exposition réunira une centaine de participants internationaux dans ce que le communiqué appelle pudiquement un « bâtiment industriel spectaculaire ». On imagine: volumes bruts, lumière crue, béton sous les pieds, plafond hors d'échelle. L'écrin idéal pour juger une pièce à la loupe, sans le confort d'un showroom capitonné.
Le pedigree qui change la donne
Liv Vaisberg n'est pas une curatrice sortie d'un chapeau. Elle est aussi co-fondatrice et directrice artistique de COLLECTIBLE, la foire internationale de référence pour le design collectible du XXIe siècle, à Bruxelles et à New York, ainsi que co-fondatrice et directrice artistique de la Design Biennale Rotterdam. Ajoutez à cela son propre bureau de curation indépendant, le Liv Vaisberg Office, et vous obtenez un filtre extrêmement exigeant.
Quand un tel CV ouvre un appel, on peut parier sans grand risque que le jury regardera les finitions à la loupe — pas les rendus 3D léchés envoyés à la va-vite pour impressionner un comité paresseux. Les émergents comme les installés, les galeries comme les éditeurs: le spectre est large, mais le tamis sera serré.
Ce que j'y guette, à l'œil et à la main
Pour nous qui travaillons le plexiglas, l'acrylique coulé, les résines, c'est précisément le genre d'exercice qui permet de séparer le grain de l'ivraie. Une pièce en PMMA « design » assume-t-elle ses chants polis à la flamme, ses jonctions par collage solvant, sa planéité irréprochable? Ou finit-elle assemblée à la colle cyanoacrylate, les joints noyés sous un capot qui cache la misère?
Ce que je guette dans la liste des sélectionnés, c'est ce que le jury laissera passer. La micro-rayure présentée comme « patine d'auteur ». L'assemblage invisible qui ne l'est qu'à trois mètres, mais pas à hauteur de regard sur l'établi. Le « matériau innovation » qui se révèle être du Medium peint en miroir. Les détails de la production de masse maquillée en pièce d'atelier — celle qui se voit immédiatement quand on a les mains dans la matière.
Le communiqué ne précise pas la deadline chiffrée dans ce qui m'est parvenu — à vérifier directement sur le site de la Dutch Design Week pour qui voudrait poser ses pièces sur la table. Mais la saison est ouverte, et c'est maintenant qu'on prépare ses trois pièces. Pas demain.