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Roche Bobois : une baisse de 8,9 % du chiffre d'affaires au premier semestre 2026

Selon les chiffres communiqués par Roche Bobois pour le premier semestre 2026, le chiffre d'affaires du groupe s'établit à 187,9 millions d'euros, en recul de 8,9 %.

Roche Bobois : une baisse de 8,9 % du chiffre d'affaires au premier semestre 2026

Une contraction qui touche quasiment toutes les zones géographiques — et qui en dit long sur l'état réel du marché du meuble haut de gamme, loin des catalogues lustrés et des promesses de « valeur ajoutée » qu'on nous sert à longueur de pages.

Le vernis qui craque de partout

Quand un groupe qui vend des canapés à plusieurs milliers d'euros affiche un recul de près de 9 % sur six mois, ça ne relève pas d'un accident de parcours. C'est un signal. L'environnement en France et en Europe est qualifié de « dégradé » par la maison mère elle-même — Roche Bobois France en baisse à deux chiffres au deuxième trimestre. Traduction en langage d'atelier: le client, lui aussi, regarde deux fois l'étiquette avant de signer. Et quand la France, cœur historique du réseau, fléchit à ce point, on ne peut pas balayer ça d'un revers de main en parlant de « conjoncture ».

Le volume d'affaires global toutes enseignes confondues — franchisés compris — atteint 266,4 millions d'euros, en recul de 9,2 % à changes courants. Ce n'est plus un rhume, c'est une bronchite.

Deux contre-exemples qui interrogent

Curieusement, tout ne s'effondre pas. La Chine (magasins en propre) progresse de 14,6 % au semestre. Cuir Center, l'enseigne plus accessible du groupe, affiche une hausse de 6,5 % sur la même période — et même 14,3 % au deuxième trimestre en France, là où Roche Bobois plonge. Autrement dit, quand le prix reste raisonnable et le produit ancré dans une offre tangible, la demande suit encore. C'est un aveu que le positionnement premium ultra-marqué ne suffit plus à justifier l'addition.

Quant à la zone États-Unis / Canada, elle se reprend légèrement avec une progression de 1,6 % au deuxième trimestre en dollars. Un souffle, pas une reprise.

Le portefeuille de commandes: le vrai thermomètre

Voici le chiffre qui devrait retenir l'attention de quiconque s'intéresse à la santé durable de l'industrie du meuble: le portefeuille de commandes des magasins en propre stagne à 122,7 millions d'euros au 30 juin 2026 — exactement le même niveau qu'au 31 décembre 2025. Et en baisse par rapport aux 133,1 millions d'euros de juin 2025. Quand le carnet de commandes ne gonfle plus, la capacité à investir dans de vrais matériaux, de vraies finitions, de vrais assemblages s'amenuise. On entre dans la logique du cache-misère: on réduit les coûts de production pour sauver les marges, et le produit, à terme, trinque.

C'est précisément ce qui m'agace dans cette spirale. On parle d'un groupe qui se positionne sur le segment du design accessible-luxe, avec des collections signées par des designers reconnus. Mais derrière la communication, la réalité matérielle — les chants, les finitions, le choix des panneaux et des structures — dépend directement de cette santé financière. Un recul de près de 9 %, ça se répercute forcément sur la ligne de production.

Ce que ça change pour nous

Pour ceux qui cherchent du mobilier en plexiglas ou en matériaux transparents — notre terrain de jeu chez Hyaloïde — ces chiffres confirment une tendance de fond: le marché du meuble « signature à prix élevé » perd de son ressort. Les clients deviennent plus exigeants sur le rapport qualité-prix, et les enseignes qui surfent sur l'image sans maîtriser la matière finissent par le payer. Un meuble bien pensé, bien usiné, avec des assemblages propres et des matériaux honnêtes, n'a pas besoin d'un nom gravé sur un pied pour durer. C'est parfois le seul argument qui tienne quand les carnets de commandes se vident.